Diplôme de Félix Tshisekedi: la Belgique a confirmé le faux à la RDC

Sollicitée par la justice congolaise, la justice belge a confirmé que le candidat à la présidentielle Félix Tshisekedi, sorti vainqueur des urnes selon une annonce controversée de la Commission électorale (Céni), avait bien eu recours à une fausse attestation de diplôme lorsqu’il s’est porté candidat aux élections, a affirmé vendredi la VRT. 

Il est maintenant établi que l’homme qui a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a utilisé un faux certificat pour poser sa candidature. Cela a été démontré par … la justice belge, à la demande de la justice congolaise. Le parquet-général de la Cour d’appel de Matete (Kinshasa) avait envoyé pour cela à Bruxelles, au mois d’août déjà, une « commission rogatoire internationale ». Une demande d’entraide judiciaire. Les collègues belges ont pris cette mission très au sérieux.

La Libre avait déjà dévoilé le faux le 8 janvier dernier, après avoir interrogé l’Institut des carrières commerciales (ICC) où le fils d’Etienne Tshisekedi aurait réussi un graduat que l’établissement n’organise pas.

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Le parti de M. Tshisekedi avait réagi en assurant que le document n’avait pas été utilisé dans le cadre de la candidature présidentielle. Or selon la VRT, il l’a bien été. Suspicieux, le parquet général de la Cour d’appel de Matete (Kinshasa) a même envoyé une commission rogatoire internationale en août dernier à la justice belge pour l’aider à vérifier l’authenticité du document.

Le 21 novembre dernier, soit un mois avant les élections, les Affaires étrangères belges ont remis les conclusions judiciaires aux autorités congolaises. La direction de l’établissement scolaire y confirme le faux et y ajoute le dossier complet de l’étudiant Tshisekedi. Il y est mentionné que l’intéressé a été inscrit à l’ICC pendant une vingtaine d’années, mais n’a jamais présenté suffisamment d’examens satisfaisants pour passer à une année supérieure.

Les cabinets des ministres des Affaires étrangères Didier Reynders et de la Justice Koen Geens ont confirmé à la VRT que la justice belge avait aidé la justice congolaise dans ce dossier.

Une question délicate

Cette approche congolaise laisse soupçonner que d’autres éléments sont en jeu. Il se pourrait éventuellement que Tshisekedi ait remis la preuve qu’il possède cinq années « d’expérience professionnelle », mais cela n’apparait pas sur le curriculum vitae qui est joint à son acte de candidature. Ce CV cite uniquement du travail de classement dans une compagnie d’assurance, sa propre petite société de courrier rapide, et un travail d’employé à la Banque de la poste.

Quoi qu’il en soit, il a joint à son dossier un faux document, ce qui devrait déjà être lourd de conséquences. Mais sa candidature a tout de même été acceptée, contrairement à celle par exemple d’opposants de poids comme Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi. Il se pourrait donc que le régime Kabila – qui contrôle en grande mesure tant la Commission électorale « indépendante » que la justice – ait vu et voit un avantage à permettre à un opposant moins dangereux de prendre part aux élections, ne fût-ce que pour disperser les voix anti-Kabila.

« Président » Kabila

Maintenant que Félix Tshisekedi (photos) a été proclamé, de façon assez inattendue, vainqueur de ces élections, ce dossier offre encore un autre avantage aux vrais hommes forts du Congo. Ils possèdent en effet un moyen de chantage assez puissant. Après sa prestation de serment, le président Tshisekedi pourra être destitué à n’importe quel moment, sur base de l’enquête judiciaire qui a, de plus, été menée par des collègues belges, donc indépendants du clan Kabila.

Quand un président « n’est plus en état de gouverner », selon les termes de la Constitution, le président du Sénat devient alors temporairement président et des élections doivent être organisées au plus tard endéans les quatre mois. L’expérience des années passées montre cependant que le délai légal endéans lequel des élections doivent être organisées est assez extensible au Congo…

A cela s’ajoute que des rumeurs déjà tenaces circulent au Congo, selon lesquelles le nouveau président du Sénat deviendrait … Joseph Kabila (photo), l’homme qui est déjà au pouvoir dans le pays depuis 2001. Si ce scénario se confirme, alors Kabila pourra tout simplement redevenir président, officiellement « ad interim », à n’importe quel moment qui lui conviendra. Au Congo, les constructions les plus invraisemblables peuvent, tôt ou tard, devenir réalité.

Avec BELGA