RDC: 499 camions chargés de bois rouge congolais saisis en Zambie

Quatre cent quatre-vingt-dix-neuf camions chargés de bois rouge, appartenant aux opérateurs forestiers congolais, ont été saisis en Zambie. Ces derniers ont dénoncé cette situation, mercredi 5 avril, lors de leur rencontre avec le gouverneur du Haut-Katanga, Jean-Claude Kazembe.

Jean Lwamba, coordonnateur de l’association des exploitants forestiers à Lubumbashi, se dit « étonné » de voir un pays membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) saisir la marchandise «sans motif valable, après avoir perçu tous les frais inhérents au transit».

«Les exportateurs sont préjudiciés par cette situation, qui occasionne un cumul de chômage et de détention de conteneur», déplore-t-il, appelant à l’implication du gouverneur du Haut-Katanga pour décanter cette situation.

En réaction, le gouverneur Kazembe invite les exploitants forestiers au calme, en attendant le dénouement de cette affaire.

Le ministre zambien de l’Environnement « pourrait réagir prochainement» sur cette affaire, a promis le premier secrétaire chargé de la politique au consulat général de la Zambie à Lubumbashi, Dustin Nyangulu.

Exploitation interdite

«La [commercialisation] du bois rouge n’est pas autorisé. C’est une espèce protégée dans notre pays », tranche le vice-ministre, Agée Matembo.

Plusieurs organisations nationales et internationales ont alerté sur l’exploitation illicite du bois rouge dans la province du Haut-Katanga, principalement dans les territoires de Kasenga et de Pweto, où des centaines d’hectares sont décimés.

Ces bois seraient vendus à l’étranger, notamment en Asie, reconnait aussi le vice-ministre Matembo.

«Les Congolais ont pris des documents pour exporter le bois. Mais, en réalité, ce sont des Chinois qui exportent. Normalement, les documents portent sur l’achat, vente et exportation des bois d’œuvre et non des bois rouges», précise-t-il.

Le vice-ministre de l’Environnement et développement durable explique que c’est difficile d’assurer la traçabilité de ce bois:

«Nous sommes en train de combattre cette exploitation illicite parce qu’il est difficile de maintenir une traçabilité de ce bois en RDC. Nous ne savons pas qui coupe où ? Où sont stockés ces bois et comment sont-ils commercialisés».

Cependant, Agée Matembo reconnait la nécessité de lutter contre l’exploitation illégale du bois rouge pour une bonne régulation de ce secteur, capable d’apporter beaucoup d’argent au trésor public.

Avec Radiookapi