Situation tendue en RDC: la grogne des policiers se propage dans tout le pays

En République démocratique du Congo, après Beni, Uvira, Tshikapa, lundi 25 février, c’est à Mbuji-Mayi que des policiers ont commencé à tirer en l’air pour réclamer, pour certains, le paiement de deux mois d’arriérés de salaire et, pour d’autres, le paiement de leurs frais de mission, quand ces ils ont été déployés pour sécuriser le processus électoral.

A Mbuji-Mayi comme dans les autres villes où ces manifestations ont eu lieu, les tirs des policiers ont provoqué des mouvements de panique.
« Pour nous, c’est une surprise que la revendication se passe de cette manière-là pour un service où règne la discipline, explique Charles Doux Mbuyi, ministre de l’Intérieur du Kasaï-Oriental. Il s’agit peut-être d’emboîter le pas à d’autres provinces qui l’avaient déjà fait. Ils se sont dit : « Si on l’a fait de l’autre côté et qu’il y a eu des solutions, on peut aussi le faire ici ». »
Du côté de l’Inspection générale de la police, on rappelle que les policiers n’ont pas le droit de grève, que ces manifestations s’apparentent à un acte de rébellion et que des appels au calme ont été passés via des « causeries morales » en attendant la fin de l’audit en cours.
Le paiement des arriérés a été ordonné en attendant une solution durable. Comme son prédécesseur, le président Félix Tshisekedi a promis, à son entrée en fonction, d’améliorer les conditions de vie des membres de forces de sécurité. D’ici à la mi-mars, l’inspection générale espérait remettre au ministère de l’Intérieur et à la présidence un rapport qui vise à identifier les policiers payés, ceux qui ne le sont pas, les raisons et les moyens d’améliorer leurs conditions de vie.
Ce n’est pas la première fois que la question de la régularité de paiement des forces de sécurité se pose. Grâce à un programme d’assistance de l’Union européenne, quelque 145 000 militaires et 125 000 policiers avaient été dûment identifiés et devraient être à ce jour régulièrement payés. Parmi les motifs récurrents de retards de paiement, pour ceux qui sont dits identifiés, les redéploiements qui ne sont pas été notifiés au service de paie ou l’absence de banques relais sur le terrain.
(Avec Rfi)