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RDC: un haut-gradé des Forces armées accusé de s’enrichir grâce à une mine d’or

Un officier de l’armée congolaise est accusé de s’enrichir grâce à une mine d’or dans le Nord-Kivu, et ce malgré une loi qui interdit aux officiers toute implication dans le secteur minier. Voilà la principale conclusion d’un nouveau rapport de l’ONG Global Witness, spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles. L’ONG appelle à l’ouverture d’une enquête sur les intérêts du brigadier-général Etienne Mbunsu Bindu.

Selon l’ONG Global Witness, la société Geminaco, qui exploite une mine à Walikale dans l’est du Congo, «  cède le tiers de sa production d’or » au fils du général de brigade Etienne Mbunsu Bindu.

Un accord qui date de février 2012 l’atteste, tout comme un autre document signé en mai 2017 et que l’ONG a pu consulter.

L’ONG s’inquiète par ailleurs que cet arrangement qui a été soumis à la justice congolaise n’ait suscité aucune indignation. Aucune enquête non plus n’a été diligentée pour vérifier que c’est bien le fils et non le père qui bénéficie de ce droit de percevoir 30% de la production d’or.

Mais pour Global Witness, ce cas est loin d’être isolé même si la loi l’interdit. « Ça consiste en taxations à la mine, ça peut être des barrières routières, ça peut être un pourcentage de la production minière. Des fois, ils ont leurs propres puits, explique Natacha White de Global Witness. A notre connaissance aucun officier de l’armée n’a jamais été sanctionné pour des crimes économiques dans le secteur minier. On parle d’impunité totale ».

En 2009 déjà, Global Witness avait pointé l’implication du général de brigade Etienne Mbunsu Bindu dans la mine d’étain de Bisié, mais il n’y a jamais eu d’enquête ou de sanction.

L’ONG estime par ailleurs que 646 millions d’euros versés par les sociétés minières à des organes étatiques n’ont jamais atterri dans les caisses de l’Etat.

Contactés par RFI, le général de brigade Etienne Mbunsu Bindu, tout comme le ministre congolais de la Défense Crispin Atama Tabe, n’ont pu être joints.

Lire le rapport de Global Witness, cliquez ici