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RDC: un collectif de victimes de la répression des marches interpelle la justice

Un collectif d’avocats dénonce la « léthargie » de la justice congolaise. Le 6 mars dernier, ce collectif, qui représente 13 victimes présumées des marches du 31 décembre et du 21 janvier dernier, a déposé auprès de la Cour constitutionnelle une plainte pour « crime contre l’humanité » visant une quinzaine d’autorités politiques, militaires et policières et en premier chef le Premier ministre. Le collectif assure que depuis, cette plainte est restée lettre morte.

Il a du mal à contenir sa colère. Lievin Kandolo a perdu l’un de ses frères lors de la marche du 31 décembre. Depuis, sa famille n’a obtenu ni justice, ni vérité, ni la moindre assistance. Il dénonce un abandon de l’Etat.

« La justice ne fait rien. Jusqu’à présent, nous ne savons pas qui a tué nos parents, s’indigne-t-il. Qu’ont-ils fait pour être tués ? Nous voulons le savoir ! Le gouvernement ne nous dit rien. On ne peut pas nous abandonner comme ça, avec nos familles, comme si nous étions des animaux. Nous n’avons pas de maison, pas à manger… Mon grand frère m’a laissé huit enfants dont je dois m’occuper, plus 11 petits-enfants. Et je n’ai pas de quoi les nourrir. »

A ses côtés, un jeune homme en béquilles dit, lui, avoir reçu une balle dans la jambe le 31 décembre. Les deux hommes ont été entendus par la commission d’enquête mise sur pied par la ministre des Droits humains, mais sans suite.

Quant à la plainte déposée le 6 mars dernier par leur collectif d’avocats, elle est restée lettre morte, selon maître Nixon Kambale. « La plainte n’a jamais quitté le bureau du procureur général de la République. Qu’est-ce qui se passe ? Où est le problème ? Si l’action n’est pas engagée, il y a de fortes craintes que les preuves puissent disparaître. »

Le collectif d’avocats dit avoir fait parvenir une copie de la plainte à la Cour pénale internationale, avec l’espoir qu’elle s’en saisisse, si au Congo la procédure n’avançait pas.

Mercredi soir, ni le ministre de la Justice ni la ministre des Droits de l’homme n’étaient joignables pour réagir à cette interpellation.

Rfi