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Comité laïc de coordination: ce fer de lance de la contestation en RDC

C’est peu dire que les autorités en place à Kinshasa voient d’un mauvais oeil le Comité laïc de coordination. La réponse est dans le profil et les initiatives fortes de ses membres.

Le Comité laïc de coordination organise régulièrement des marches de contestation. Ici, des manifestants le 30 novembre 2017.

Le régime de Kinshasa les a dans le collimateur. La raison ? Les huit membres du Comité laïc de coordination (CLC) organisent des marches pacifiques pour exiger le respect intégral de l’accord du 31 décembre 2016, dit de la Saint-Sylvestre, signé entre le pouvoir et l’opposition sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

 Debout Congolais

En organisant ces marches, les membres du CLC – Thierry Nlandu, Isidore Ndaywel, Justin Okana, Jonas Tshiombela, Léonnie Kandolo, Gertude Ekombe, Julien Lukengu et Francklin Mboliko – ne font que répondre à l’appel lancé en juin 2017 par les évêques de la Cenco. « Le pays va très mal. Debout, Congolais ! », tel était l’intitulé du message des prélats qui invitaient le peuple congolais « à prendre en main son destin commun » et à « avoir une présence active et courageuse dans le monde de la politique »…

C’est d’abord un groupe du Centre d’information et d’animation missionnaire (CIAM), qui répondra à l’appel de l’Église, en lançant trois conférences-débats dans la capitale congolaise. La première s’est tenue le 27 octobre 2017 à la paroisse Saint-Joseph sur le thème « Décembre 2017, enjeux et défis ». Lors du troisième débat organisé à Ndjili, un communiqué du CLC invite les Congolais à marcher le 31 décembre. Le CLC est né et a lancé sa première marche. Il sera appuyé par la nonciature apostolique et la Cenco. Ce qui permettra au mouvement de s’étendre à travers les différents diocèses du pays.

Les premiers noms que les Congolais et les étrangers découvrent sont ceux qui signent les communiqués du CLC : Thierry Nlandu Mayamba, professeur de littérature anglo-américaine à la faculté des lettres de l’université de Kinshasa (Unikin), dramaturge et consultant, très actif dans la société civile, et le professeur Isidore Ndaywel E Nzyem, docteur en histoire et auteur notamment de L’Histoire du Congo, qui a été, entre autres, coordonnateur du comité scientifique du Commissariat général du cinquantenaire en 2010 et commissaire général du Comité national préparatoire du XIVe sommet des chefs d’État de l’Organisation internationale de la francophonie, en 2012. Les autres membres sont tous des intellectuels. Mais là n’est pas leur trait d’union essentiel.

Des laïcs chrétiens

« Quand le CLC se met en place, ses membres ont comme élément fédérateur leur appartenance à l’Église catholique, leur condition de chrétien. Ce sont tous des croyants catholiques qui se mettent ensemble pour répondre à un message des évêques. L’autre trait qui les rassemble est la laïcité. Ils se positionnent tous comme des laïcs », explique Thierry Nlandu. Ainsi, portés par la dynamique créée par l’appel de l’Église, les huit se regroupent pour former le CLC, qui « n’est pas un mouvement catholique, mais un mouvement de laïcs chrétiens », insiste Léonnie Kandolo, la fille de Damien Kandolo, qui fut commissaire sous Mobutu et le premier PDG congolais de la Générale congolaise des minerais (Gecomin), ex-Union minière du Haut-Katanga, qui deviendra la Gecamines.

C’est sur ce socle de laïcs chrétiens, mus par un profond désir de changement et voulant faire respecter l’accord de la Saint-Sylvestre, que la mobilisation populaire va s’ancrer. En effet, qu’ils soient catholiques, protestants, adeptes d’églises de réveil, musulmans ou kimbanguistes, et quelles que soient leurs convictions, tous les Congolais qui aspirent au changement, vont répondre massivement aux appels lancés par le CLC. Et comme « la flamme s’est allumée à partir des églises », il n’y a ni drapeaux de partis politiques ou d’associations, ni pancartes, ni messages politiques ou syndicaux pendant les marches qui ont lieu le dimanche matin après les offices.

Engagés dans des mouvements associatifs ou confessionnels

S’ils sont unis par leur qualité de laïc chrétien, les huit acteurs du CLC ne forment pas pour autant un groupe homogène. Leur parcours, leur profil professionnel, leur engagement et leurs qualifications sont très divers. Certains sont engagés dans des mouvements associatifs, d’autres dans des mouvements confessionnels. Pour preuve. Après avoir appartenu à des associations caritatives, Léonnie Kandolo a créé, en 2000, Protection Enfant Sida (PES). En tant que femme, cette analyste politique et consultante est membre d’associations féminines, dont le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO). Elle s’investit aussi pour la transparence et la bonne gouvernance des industries extractives et, parce que rien n’est possible sans démocratie, elle est l’un des rédacteurs du Manifeste du citoyen congolais Esili, signé à Paris en août dernier, dont elle est membre du comité directeur.

Également active dans la société civile, Gertrude Ekombe est secrétaire générale de l’ONG Forum d’appui aux femmes pour l’éducation et le développement dans la province de l’Équateur. Elle a occupé des responsabilités au sein du Conseil national des ONG de développement de l’Équateur et de Kinshasa etété déléguée au Dialogue intercongolais de Sun City (Afrique du Sud) pour la composante société civile.

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Avec Le Point.fr