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RDC: au moins 15 casques bleus et 5 FARDC tués dans le nord-est du pays

Les Nations unies ont subi leur plus grave attaque en 24 ans lorsque 15 Casques bleus ont été tués jeudi 7 décembre dans l’est de la République démocratique du Congo. Jamais une force onusienne n’avait subi une opération aussi meurtrière depuis la mort de 24 Casques bleus pakistanais à Mogadiscio le 5 juin 1993.

C’est une attaque sans précédent qui a visé la mission de l’ONU dans l’est de la RDC jeudi 7 décembre. 15 militaires tanzaniens et 5 Congolais ont perdu la vie, mais 3 Tanzaniens sont toujours portés disparus et 53 autres sont blessés, certains grièvement.

Le bilan est extrêmement lourd et pourrait encore s’alourdir. Au moins 15 casques bleus tanzaniens et 5 Congolais ont ont été tués, mais 3 militaires Tanzaniens sont toujours portés disparus et 53 autres sont blessés, certains grièvement dans l’attaque contre la base de la Monusco située à côté du pont Semuliki, en plein « triangle de la mort » du territoire de Beni. Ils sont en cours de rapatriement en avion vers l’hôpital le plus proche dans la ville de Goma. La position de l’armée congolaise la plus proche se trouvait juste de l’autre côté du pont de Semuliki au PK40 à une dizaine de kilomètres et serait intervenue au secours des casques.

Selon plusieurs sources,  c’est la mission de l’ONU au Congo qui était la cible de cette attaque. Une position temporaire des casques bleus comptant une centaine de militaires, située à plus de 80 km du chef-lieu de Beni et non loin de l’Ouganda, entourée de forêts, en pleine zone où le groupe armé ADF est toujours particulièrement actif.

Ces casques bleus se trouvaient à 10 km d’une position de l’armée congolaise qui est intervenue et qui indique que 72 rebelles ADF auraient également été tués. L’attaque a été intense, elle aurait duré 4 heures, d’où ce bilan extrêmement lourd.

Le secrétaire général des Nations unies s’est dit « outré » par cette attaque inédite et « inacceptable ». Des renforts ont été envoyés sur place. Antonio Guterres a exprimé ses condoléances aux familles et au peuple tanzanien qui paie le lourd tribut de cette attaque.

Attaque à l’arme lourde

Environ une heure et demie après le début de l’attaque, vers 18h30-19h, la mission onusienne perd tout contact avec ses casques bleus. Un black-out qui aurait duré jusqu’au matin. Selon le porte-parole de la Monusco, il y a eu des réunions entre l’ONU et l’armée congolaise pour savoir quelle réponse apporter, des renforts ont été envoyés, les blessés évacués et une enquête ouverte. Mais c’est à peu près tout.

Après une relative accalmie, ces trois derniers mois, les militaires congolais et les casques bleus ont été à nouveau et plus régulièrement pris pour cible. Par qui et pourquoi? Difficile de le dire, mais vendredi des sources militaires comme onusiennes évoquaient une attaque à l’arme lourde. Ce qui pourrait peut-être expliquer ce très lourd bilan, que la moitié des casques bleus de cette base, mieux armés pourtant que d’autres, aient pu être tués ou même blessés.

Bilan contradictoire: 5 FARDC tués selon l’ONU, aucun selon l’armée

Si l’ONU annonce 5 militaires congolais tués dans l’attaque intervenue jeudi, le porte-parole de l’armée à Beni donne un tout autre bilan : un militaire blessé, un disparu et 72 assaillants tués. La Monusco comme l’armée pointent la responsabilité de présumés ADF, ces rebelles islamistes ougandais qui sévissent depuis vingt ans dans cette région.

Mais pour Jean-Paul Paluku Ngahangondi, activiste des droits de l’homme à Oicha contacté par RFI, cette attaque pose plus de questions que de réponses. Lui préfère ne pas se prononcer sur les auteurs de cette attaque, surtout qu’officiellement les ADF sont sous le feu d’opérations conjointes FARDC – ONU depuis près de trois ans.

«Crime de guerre»

« C’est la pire attaque contre des soldats de la paix des Nations unies dans l’histoire récente de l’organisation », a réagi son secrétaire général Antonio Guterres, se déclarant « indigné » face à ce « crime de guerre » qui a principalement touché des soldats tanzaniens. Une force onusienne n’avait pas subi une opération aussi sanglante depuis la mort de 24 casques bleus pakistanais à Mogadiscio en Somalie le 5 juin 1993.

Avec Rfi