Les évêques congolais dénoncent les enlèvements de prêtres

Lors d’une conférence de presse organisée mardi 26 septembre, à Bruxelles, le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a dénoncé les enlèvements de prêtres et soutenu l’engagement de l’Église pour « le respect des valeurs comme la justice, la paix et la réconciliation ».

En visite de plaidoyer en Europe, les évêques congolais ont dénoncé les enlèvements répétés de prêtres dans leur pays, notamment dans la province du Nord-Kivu. Mgr Marcel Utembi Tapa, évêque de Kisangani et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a affirmé, devant les médias belges, la préoccupation de l’Église face aux enlèvements de prêtres et réaffirmé le droit des prêtres à s’engager dans le champ social.

« S’il y a eu des appels de la part de certains agents pastoraux, c’est dans le cadre de l’engagement civique, le respect des valeurs comme la justice, la paix et la réconciliation », estime-t-il. « Est-ce que cela peut être vu comme une action politique ? », s’est interrogé le chef de l’épiscopat congolais avant de dénoncer l’« attaque contre les institutions de l’Église et surtout le kidnapping des serviteurs de Dieu ».

Enlèvements et torture de prêtres

Dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, la nuit du 16 au 17 juillet, deux prêtres catholiques, les pères Pierre Akilimali et Charles Kipasa, ont été enlevés par des assaillants non identifiés. En outre, depuis le début l’année, au moins quatre prêtres professeurs à l’Université catholique du Graben (UCG), dans le Nord Kivu, ont subi des attaques.

Le 9 septembre, le père Télésphore Muhindo Malonga, professeur à l’université catholique et président de la coordination urbaine de la société civile de Butembo, avait organisé des manifestations pour protester contre les exactions commises par des hommes en armes et contre l’insécurité grandissante dans cette province.

Quelques jours plus tard, des hommes armés s’étaient introduits dans la résidence des prêtres-enseignants de l’université catholique, à la recherche du prêtre activiste. Ne l’ayant pas trouvé, ils ont enlevé puis molesté un autre prêtre-chercheur, le père Athanase Waswadi, qui réussit à s’échapper des mains de ses ravisseurs.

Mgr Marcel Utembi a également condamné les actions des « ennemis de l’Église catholique, ceux qui ne veulent pas que les choses changent et ceux qui trouvent peut-être que leur intérêt est menacé dans certaines prises de position de l’Église » avant de soutenir avec force que « ce que l’Église prêche, c’est le sens de la justice, de la paix, du bien être, le respect de la bonne gouvernance », en d’autres termes, « la prédication dans le cadre de la doctrine sociale de l’Église ».

Crise politique

L’épiscopat congolais a, par ailleurs, exprimé son inquiétude face aux problèmes politiques. « Nous sommes inquiets, nous sommes préoccupés par la possible non-tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales », a souligné Mgr Marcel Utembi Tapa.

Très impliqués dans la médiation de la crise politique, les évêques congolais avaient réussi, le 31 décembre 2016, à faire signer un accord entre l’opposition et le gouvernement pour la tenue d’élection présidentielle avant fin 2017.

Les évêques congolais ont, en outre, relevé que les opérations d’enregistrement des électeurs dans le fichier électoral – organisées depuis plusieurs semaines par la commission électorale – se font en dehors du calendrier initialement prévu et de l’accord du 31 décembre 2016.

En République démocratique du Congo (RDC), une longue crise secoue la vie politique depuis 2016. Le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, repousse l’organisation de l’élection présidentielle alors que son second mandat devait prendre fin en décembre 2016.

La Croix

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