Les évêques belges suggèrent l’ordination d’hommes mariés

Mgr Jean Kockerols, vice-président de la Comece et évêque auxiliaire de Bruxelles

S’exprimant sur le thème de la vocation, Mgr Jean Kockerols, vice-président de la Comece et évêque auxiliaire de Bruxelles, a estimé que certains jeunes hommes mariés « répondraient volontiers “Me voici” si l’Église devait les appeler au ministère presbytéral ».

Lors de sa présentation devant le Synode des jeunes, mercredi 10 octobre, l’évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, Mgr Jean Kockerols, a plaidé au nom des évêques de Belgique pour l’ordination d’hommes mariés.

« Je suis convaincu que certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers “Me voici” si l’Église devait les appeler au ministère presbytéral », a-t-il conclu son intervention devant le Synode, consacrée au thème de la vocation.

Interrogé par Cathobel, le père Tommy Scholtes, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique, a indiqué que Mgr Kockerols avait soumis préalablement son texte aux évêques belges et que c’est « au nom de la conférence épiscopale » qu’il s’était exprimé en faveur de l’ordination d’hommes mariés.

« Ce n’est pas la seule solution »

Reconnaissant que l’ordination d’hommes mariés pouvait « répondre indirectement » à la crise des vocations, le père Scholtes estime toutefois que« ce n’est pas la seule solution » tant cette crise « est aussi une question de crédibilité de la foi dans le monde aujourd’hui ».

« On sait que du côté du monde protestant ou orthodoxe où les pasteurs peuvent être mariés, il y a aussi une difficulté à trouver des jeunes hommes qui acceptent ce service d’Église », a-t-il relevé.

Dans son intervention devant le Synode, Mgr Kockerols invitait à « une meilleure compréhension de l’usage que nous faisons du terme “vocation” », rappelant que « la vocation baptismale est “source et sommet” de toute autre vocation ».

« L’Église se doit d’accompagner le discernement des jeunes »

« L’Église se doit d’accompagner, avec tact et pédagogie, le discernement des jeunes, a-t-il expliqué. Elle doit les aider à faire “l’exégèse” de leur vie, pour qu’ils deviennent, chacun à son propre rythme, disciples du Christ. Si elle ne s’y engage pas mieux, l’Église continuera à perdre sa crédibilité. »

« Voilà pourquoi l’Église accompagne aussi, sans forcer, les questions liées à l’état de vie : le mariage chrétien et le célibat pour le Royaume », a-t-il souligné, insistant sur le fait que « ces deux vocations méritent d’être, à parts égales, mises en valeur par l’Église ».

Relevant que « la vocation baptismale ouvre le cœur de certaines personnes – mariées ou célibataires – à l’appel de l’Église, au nom du Seigneur, à la servir, à être ministre de la communauté chrétienne », il en est naturellement venu à plaider pour l’ordination d’hommes mariés au ministère presbytéral.

(Avec La Croix)

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