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Les désastreuses aventures d’Ernesto Che Guevara au Congo

En 1965, Ernesto Che Guevara est allé, incognito, prêter main forte à la rébellion simba. Mais le rêve africain a viré à la débâcle. Répétition générale d’un fiasco qui conduira, en 1967 en Bolivie, à la mort du révolutionnaire, dont on commémore cette année le cinquantenaire.

Dans le petit appartement secret de Dar es-Salaam, en Tanzanie, un homme est assis à sa table de travail. Il ne prête aucune attention au mobilier, spartiate, n’entend pas les bruits de la rue, devant l’ambassade de Cuba. Seul élément de confort de la pièce, les pales du ventilateur tournent en vrombissant, jour et nuit. La chaleur lui est indifférente. Il ne sort jamais. Il s’appelle Ernesto Che Guevara.

C’est la fin de l’année 1965. Le Che n’est pas censé se trouver dans cette safe house, où il va passer près de trois mois. Il n’est même pas supposé être dans cette partie du monde. C’est « l’année où nous n’étions nulle part », écrira-t-il plus tard. On le cherche partout. On l’a donné pour mort. En vérité, il a bien failli être tué, au terme d’une longue débâcle de sept mois dans l’est du Congo, au bord du lac Tanganyika, où il était venu, espérait-il, contribuer à la marche victorieuse des rebelles simba (lions) de Pierre Mulele, d’obédience marxiste.

« Ceci est l’histoire d’un échec… Pour être plus précis, ceci est l’histoire d’une décomposition. » Extrait du journal du CheQuelques mois plus tôt, n’ont-ils pas créé une République populaire du Congo depuis la ville tout juste prise de Kisangani, aussitôt reconnue par l’URSS. En face, le gouvernement de Moïse Tshombe passe à l’offensive, avec l’appui de la Belgique et des Etats-Unis. On est en pleine guerre froide, il s’agit donc d’une affaire mondiale.

Mais tout est allé de travers. En avril, les Cubains débarquaient dans cette région du Sud-Kivu congolais. De quatorze combattants, le contingent allait monter à une centaine. Des armes sont acheminées par la ­Tanzanie. Les rebelles cèdent malgré tout du terrain. Le Che et ses hommes tentent de renverser le courant de cette histoire de plus en plus confuse. En vain. Bientôt, il risque même d’être capturé par « les forces ­ impérialistes ». Il semble perdre pied, plonge dans une sorte d’aboulie. Lire la suite… (Par le Monde)