Le Burundi a quitté la Cour pénale internationale (CPI)

Le Burundi a quitté la Cour pénale internationale (CPI), devenant ainsi le premier pays à quitter cette institution créée il y a quinze ans à La Haye pour poursuivre les auteurs des pires atrocités dans le monde.

« Le retrait du Burundi… prendra effet le vendredi 27 octobre », a rapporté un porte-parole de la Cour, exactement un an après que le Burundi avait notifié formellement aux Nations unies sa décision de se retirer du seul tribunal permanent qui juge les crimes de guerre.

Camouflet à la justice internationale, ce retrait « intervient au moment où la machine (répressive) continue de tuer impunément au Burundi », a déclaré vendredi Lambert Nigarura, président de la coalition du pays à la CPI.

Toutefois, une enquête préliminaire se poursuivra, lancée en avril 2016 par le procureur général de la Cour, Fatou Bensouda, à la suite de rapports de « meurtres, emprisonnements, tortures, viols et autres formes de violence sexuelle, ainsi que des cas de disparitions forcées ».

« Le retrait du Burundi n’affecte pas la compétence du tribunal en ce qui concerne les crimes qui auraient été commis pendant la période où il était un Etat partie, à savoir jusqu’au 27 octobre 2017 », a expliqué le porte-parole de la CPI.

Le mois dernier, les enquêteurs de l’ONU avaient exhorté la CPI à aller de l’avant et à ouvrir une enquête complète sur ces crimes commis dans « une attaque systématique contre la population civile » de ce pays d’Afrique centrale.

Des experts de l’ONU avaient aussi mis en cause les forces de sécurité burundaises dans un rapport accablant.

Le pays est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en 2015 sa candidature à un troisième mandat, qu’il a obtenu après une élection boycottée par l’opposition.

Des violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 270.000 personnes à quitter le pays.

Créée en 2002, la CPI, qui compte désormais 123 Etats membres, a souvent été critiquée par certains pays qui prétendent qu’elle cible injustement les nations africaines.

L’Afrique du Sud et le Gabon avaient déclaré qu’ils suivraient l’exemple du Burundi, avant de revenir sur leur décision. Le Kenya et l’Ouganda ont également menacé de se retirer, pendant que la Zambie a tenu une consultation publique : une majorité écrasante de 93% des votants a choisi de rester membre.

Avec Afp