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Joseph Kabila renonce enfin à la présidentielle et choisit comme dauphin Ramazani Shadary

Le président de la RDC Joseph Kabila ne se présentera pas à l’élection présidentielle du 23 décembre. Ramazani Shadary, ancien ministre de l’Intérieur, sera le candidat du Front commun pour le Congo. M. Ramazani Shadary fait partie des personnalités congolaises frappées en 2017 par des sanctions de l’UE pour violations des droits de l’Homme.

La fin d’un suspense de plusieurs mois

Joseph Kabila a annoncé, le mercredi 8 août, le nom de son dauphin pour l’élection présidentielle de décembre en République démocratique du Congo. Après des mois de suspense, le président Joseph Kabila a choisi Ramazani Shadary pour représenter le pouvoir à l’élection présidentielle du 23 décembre.

Le président congolais Joseph Kabila a mis fin à un suspense devenu insoutenable ces dernières semaines. Il a désigné l’ex-ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat du Front commun pour le Congo, la plateforme électorale qu’il a lancée le 1er juillet dernier, à l’élection présidentielle prévue en décembre prochain.

L’heure est au bilan après dix-sept années passées au pouvoir.

S’arrêter ? Se représenter envers et contre tous ? Jusqu’à la dernière minute, Joseph Kabila, a soufflé le chaud et le froid. D’ordinaire mutique, ne s’exprimant qu’en de rares occasions, le président de la République démocratique du Congo a finalement annoncé mercredi 8 août , le nom de son dauphin, l’ex-ministre de l’intérieur Emmanuel Ramazani Shadary. Ce dernier représentera le parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) à l’élection présidentielle du 23 décembre.

Âgé de 47 ans, Joseph Kabila a déjà passé plus de 17 années au pouvoir. Il y a été propulsé après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, en janvier 2001. Ce fils qui avait jusque-là grandi dans l’ombre, est alors appelé à lui succéder à 30 ans seulement. Il acquiert la légitimité des urnes en 2006, aux termes d’un scrutin pluraliste, organisé avec l’appui de la communauté internationale. Les transitions politiques s’étaient jusqu’alors écrites dans la violence, en 1965, en 1997 et en 2001.

Une réélection contestée en 2011

Joseph Kabila est en revanche réélu en 2011 au terme d’une élection contestée. Et en décembre 2016, à la fin de son deuxième mandat, il refuse de quitter le pouvoir. Un accord politique lui permet de rester en place moyennant des élections avant la fin 2017, encore reportées au 23 décembre 2018. Des journées de violences s’ensuivent et la répression politique envers les opposants n’a depuis cessé de se durcir, régulièrement dénoncée par les ONG.

En arrivant au pouvoir, cet enfant du Sud-Kivu avait pourtant l’ambition de stabiliser le pays en restaurant l’institution militaire. Une ambition insuffisante pour contenir les violences de 2016 dans la région du Kasaï, malgré l’appui de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Des groupes armés locaux ou étrangers dans la région

Une quarantaine de groupes armés locaux ou étrangers seraient toujours actifs dans la région. Selon l’ONU, environ 2,3 millions de personnes sont déplacées dans le pays et 323 000 Congolais résident dans des camps de réfugiés en dehors du pays.

La majorité des Congolais vit toujours dans la pauvreté, dans un pays où le PIB par habitant s’élève à 450 dollars par an. La RDC, deuxième plus grand pays d’Afrique, regorge pourtant de ressources naturelles. Souvent qualifié de« scandale » géologique, vu la richesse de son sous-sol, le pays dispose de réserves de cuivre et de cobalt au Katanga, de coltan au Kivu, de diamants au Kasaï. On y trouve aussi or, fer, nickel, manganèse, bauxite, uranium ou étain.

Mais avec la chute des matières premières, les taux de croissance sont sans cesse revus à la baisse et le franc congolais est en perte de vitesse par rapport au dollar. Un coup dur pour le pouvoir d’achat des 80 millions de Congolais. Les inégalités se creusent dans l’un des pays les plus pauvres du monde.

Des provinces restent profondément enclavées, à cause du manque d’investissements publics dans les infrastructures, les routes, les ponts, mais aussi les écoles et les hôpitaux. Selon l’ONU, 7,7 millions de personnes sont touchées par l’insécurité alimentaire et plus de deux millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère. Depuis le 1er août, le pays fait aussi face à une dixième épidémie d’Ebola, déclarée au nord-est de la RDC et qui a déjà fait neuf morts.

(Avec La Croix et Agences)

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