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Joseph Kabila accuse l’Église catholique de « créer le désordre » en RDC

« Vous voulez créer le désordre ! », a réagi violemment le président Joseph Kabila, lundi 26 juin à Lubumbashi, au sud-est de la RD-Congo. « Vous nous menacez s’il n’y a pas les élections en décembre prochain. Vous dites que c’est décembre ou rien ! », a-t-il poursuivi.

Le président congolais recevait des députés provinciaux, nationaux et les sénateurs du Katanga, mais aussi les confessions religieuses, quelques jours après une déclaration des évêques catholiques du pays, très sévères à l’encontre du pouvoir.

« Le pays va mal »

« Le pays va très mal », avaient affirmé les évêques dans un message publié le 23 juin. Les responsables catholiques y dénonçaient « la détérioration continue de la situation économique, sécuritaire et humanitaire, ainsi que l’impasse politique »

L’Église y déplore « les restrictions du droit à la liberté d’expression et l’interdiction des manifestations pacifiques toujours croissantes (…) ainsi que la répression des mouvements de contestation pacifique qui va parfois jusqu’à l’usage excessif de la force ».

Des élections avant la fin 2017

« La situation misérable dans laquelle nous vivons aujourd’hui est une conséquence de la persistante crise sociopolitique due principalement à la non-organisation des élections conformément à la constitution de notre pays », s’inquiète la Conférence épiscopale nationale congolaise (Cenco), qui plaide pour que des élections soient organisées avant le 31 décembre 2017, conformément à « l’accord de la Saint Sylvestre ».

Cet accord avait été conclu, après de très longs mois de négociations menés sous l’égide de l’Église catholique, entre le pouvoir et l’opposition, afin de sortir le pays de l’opposition politique dans lequel il se trouve depuis le report sine die de l’élection présidentielle, initialement prévue en décembre 2016.

Échéance « irréaliste »

Mais le 26 juin, le président Kabila a repoussé l’idée de l’organisation de l’élection présidentielle en décembre 2017, estimant que l’accord de la Saint-Sylvestre n’était qu’« une convenance avec les évêques pour calmer les ardeurs d’une population surchauffée en décembre 2016 », et qualifiant l’échéance de la fin 2017 de « purement politique et irréaliste ».

Dans son message, l’Église catholique se dit également surprise du « manque de volonté politique et du mépris de la souffrance du peuple qui contribuent à vider l’accord (NDLR, de la Saint Sylvestre) de son contenu ». L’épiscopat congolais exhorte ainsi « toutes les parties prenantes de l’accord à assumer pleinement leurs responsabilités de bonne foi et par amour pour la patrie ».

Droit de manifester

Les évêques congolais défendent depuis plusieurs mois le droit de manifester, qu’ils estiment menacés dans le pays. « Les manifestations publiques restent un mécanisme démocratique qui permet à la population de s’exprimer sur des options fondamentales qui touchent la vie nationale », explique Cyrille Ebotoko, chargé du programme d’éducation civique et électorale à la Commission justice et Paix de la Cenco.

Il souhaite ainsi « promouvoir des manifestations publiques réellement pacifiques, sans dérapages ni violences mais aussi amener le pouvoir à libérer de plus en plus l’espace démocratique ».

La Croix