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Indonésie: au moins 384 morts après un fort séisme et un tsunami

En Indonésie, un tsunami a frappé le centre de l’île des Célèbes ce vendredi 28 septembre, principalement la ville de Palu. Ce raz-de-marée est consécutif à un séisme de magnitude de 7,5 sur l’échelle de Richter.

Vendredi soir en Indonésie, les télévisions d’information en continu diffusent en boucle les rares images qui parviennent pour l’heure du centre de l’île des Célèbes frappée par un séisme de 7,5 sur l’échelle de Richter. L’alerte au tsunami avait été officiellement levée au bout d’une heure par les autorités, peu avant qu’une vague de 1,5 à 2 mètres de haut ne déferle sur la ville de Palu, qui compte près de 300 000 habitants.

Plus tôt dans la journée, un séisme de magnitude 6,2 avait déjà secoué la même zone, provoquant plusieurs destructions et causant la mort d’au moins une personne. Des sources sur place, notamment un photographe de l’Agence France-Presse, évoquent des dizaines de victimes à la suite du tsunami.

Un bilan qui ne cesse de s’alourdir

Le dernier bilan après le terrible tremblement de terre suivi d’un tsunami qui a frappé l’île des Célèbes, le vendredi 28 septembre, fait état d’au moins 832 morts. Depuis la catastrophe, les hôpitaux peinent à faire face à la situation : il y a aussi plus de 500 personnes gravement blessées. Et les secours restent toujours concentrés autour de la recherche de victimes sous les décombres. Le vice-président indonésien a dit s’attendre à un bilan qui pourrait atteindre plusieurs milliers de morts.

♦ Selon le dernier bilan fourni par Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole de l’agence nationale de gestion des catastrophes, 821 personnes sont décédées à Palu et 11 autres à Donggala.

♦ Donggala est quasiment coupée du monde : les accès à cette région dont la population s’élève à 1,2 million d’habitants, et qui est très proche de l’épicentre du séisme, demeurent bloqués. Les secours et les autorités locales peinent à parvenir jusqu’aux sinistrés.

♦ 71 étrangers se trouvaient à Palu lors du séisme a précisé le porte-parole, dont la plupart sont en cours d’évacuation. Mais les autorités cherchent encore à localiser trois Français, un Sud-Corén et un Malaisien, a-t-il précisé.

♦ La zone touchée par le séisme et le tsunami n’inclut pas seulement la ville de Palu et celle de Donggala, mais également les localités de Sigi et Parigi Buton avec lesquelles aucun contact n’a enore pu être formellement établi.

Avant d’être submergée par le tsunami, Palu était une ville relativement développée, à l’image de l’île des Célèbes, réputée pour ses randonnées de montagne et ses maisons en bord de plage. De cette carte postale il ne reste rien. Le pont jaune traversant la ville a été emporté par la puissance de la vague du tsunami, il est désormais sous l’eau. La mosquée au toit vert et arrondi est également à terre. Le centre commercial et plusieurs hôtels ont été totalement ravagés, c’est surtout là que les recherches se poursuivent pour tenter de sauver des survivants parmi les décombres.

Détenus évadés

Les secours sont également très préoccupés par le sort de plusieurs centaines de personnes qui travaillaient pour un festival sur une plage de Palu, vendredi soir, peu avant l’arrivée du tsunami. Autre préoccupation : plus de la moitié des détenus de la prison se sont évadés lorsque les murs se sont effondrés à cause du séisme.

Des maisons d’habitations il ne reste quasiment rien ; les survivants qui n’ont pas pu être évacués sont donc dehors, certaines personnes sont même soignées à l’air libre tant les hopitaux sont débordés ; un peu partout on manque d’eau potable.

L’alerte tsunami levée trop tôt ?

Le séisme, dont l’épicentre était situé à 80 km de Palu a déclenché automatiquement l’alerte tsunami par l’Institut météorologique et de géophysique indonésien. Celle-ci a néanmoins été levé 34 minutes seulement après le tremblement de terre. Or, la vague n’est arrivée que quelques heures après.

Cependant, les autorités assurent que celle-ci est arrivée avant la levée de l’alerte. La vague, haute d’un mètre cinquante à trois mètres selon les dires, a largement inondé la ville, emportant sur son passage des voitures, des arbres des maisons, des lignes électriques et plusieurs centaines de victimes.

Le président indonésien Joko Widodo est arrivé à Palu dimanche pour observer le déploiement militaire destiné à porter assistance à la population. S’adressant aux militaires, le président vêtu d’une veste militaire de camouflage, leur a demandé « d’être prêts à travailler jour et nuit pour procéder aux évacuations » et aider la population. S’adressant à cette dernière, le chef de l’Etat a demandé de la « patience », se disant conscient des « nombreux problèmes qui doivent être résolus dans un avenir proche, y compris ceux liés à la communication ».

Cet été, entre la fin juillet et le mois d’août, une autre vague de tremblements de terre avait frappé l’île indonésienne de Lombok, causant la mort de plus de 500 personnes.

Située sur la ceinture de feu du Pacifique, où se rencontrent plusieurs plaques tectoniques, l’archipel indonésien reste profondément marqué par le tsunami meurtrier de 2004, suite à un séisme de magnitude 9,3, qui s’était abattu sur les côtes d’Aceh, au nord de Sumatra. Un tsunami dévastateur, qui a fait plus de 220 000 morts, dont près de 170 000 en Indonésie, 31 000 au Sri Lanka, 16 400 en Inde et 5 400 en Tanzanie.

(Avec Rfi)

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