Football: Le Cameroun n’organisera pas la CAN 2019

La Confédération africaine a décidé vendredi de ne pas confier l’organisation de l’épreuve au pays des Lions Indomptables. Le Maroc tient la corde pour le remplacer. C’était prévisible ! Cela ne surprendra personne au sein du microcosme du ballon rond africain, qui s’attendait à cette décision depuis de longs mois. La Confédération africaine a donc décidé vendredi de ne pas confier l’organisation de son épreuve phare (15 juin – 13 juillet) au Cameroun.

Retards cumulés dans les travaux, tensions sécuritaires dans plusieurs régions… Selon la CAF, le pays n’est « pas prêt » à recevoir la compétition continentale. Les retards accusés par le Cameroun dans la réalisation des infrastructures nécessaires à l’accueil de la CAN sont connus depuis plusieurs mois.

Vendredi à Accra, l’heure n’était pas à la fête. Et l’annonce est tombée comme un couperet. La Confédération africaine de football (CAF) a décidé de retirer l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun, pénalisé par des retards dans l’avancement des travaux de préparation, a annoncé son président.

« Aujourd’hui, nous avons pris la décision de retirer la CAN 2019 au Cameroun », a lancé Ahmad Ahmad lors d’une conférence de presse, après plus de dix heures de réunion à huis clos. Il a ajouté qu’un « cabinet » allait être mandaté pour lancer un appel d’offres et « déterminer un nouveau pays organisateur d’ici la fin de l’année ». « Je sais qu’il y a des pays qui s’intéressent », a ajouté le patron africain du ballon rond, avant de lancer aux journalistes : « Soyez rassurés, il y aura des pays qui vont candidater. »

Une décision attendue

La CAF a pris cette décision de retrait après une récente inspection sécuritaire et une visite des infrastructures, stades et hébergements au Cameroun, mais cela faisait plusieurs mois que ce retrait se profilait. Les Camerounais n’ont pas manqué de réagir, notamment sur les réseaux sociaux.

Le 29 septembre, lors d’un comité exécutif organisé à Charm el-Cheikh en Égypte, la Confédération africaine avait pointé « un retard important dans la réalisation des infrastructures » nécessaires à la tenue de la CAN 2019 au Cameroun. Le Cameroun connaît aussi un contexte sécuritaire très tendu avec des attaques persistantes des djihadistes de Boko Haram dans le nord du pays et un conflit entre l’armée et des séparatistes dans les deux régions anglophones du pays.

À sept mois de la compétition s’ouvre une période de flou, avec un cabinet mis en place pour « déterminer un nouveau pays organisateur d’ici la fin de l’année ».

« On savait ce qui devait arriver » : de nombreux Camerounais se déclaraient vendredi soir peu surpris de la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer au Cameroun l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019, selon l’AFP à Douala.

« On savait ce qui devait arriver. Il n y a pas de stade, il n’y a pas de route, il n’y a rien », a constaté amèrement vendredi soir Henri Kelma, moto-taximan à Douala, à la suite de la décision de la CAF.

« Dès le départ, je savais qu’il [le président de la CAF, NDLR] allait retirer la CAN […], ça va vraiment faire réfléchir le gouvernement », a pour sa part déclaré Idrissou Mefire, électricien. « C’est peut-être une bonne décision. […]. Comme cela, le Cameroun aura le temps de […] trouver des moyens nécessaires pour qu’on puisse organiser une CAN digne de ce nom », a jugé Pierre Youte, journaliste.

« C’est un manque de volonté, il y a assez de moyens au Cameroun », a estimé, quant à lui, Hervé Ninfack, enseignant.

Une aubaine pour le Maroc et les autres pays

Le Maroc, qui était candidat malheureux à l’organisation du Mondial 2026 (attribué au trio États-Unis-Mexique-Canada), revient souvent dans les médias comme le plan B pour accueillir la CAN l’été prochain, qui passera de 16 à 24 équipes engagées, sur le modèle de l’Euro 2016 en France. Une aubaine pour le royaume qui avait fait faux bond à la CAF en 2015 au moment de la crise Ebola. Selon le règlement, le Maroc devait attendre 2025 pour prétendre de nouveau à pouvoir abriter la compétition. L’Afrique du Sud est également citée par les médias comme possible remplaçant alors que la compétition doit se tenir en juin 2019.

L’histoire des CAN est riche en feuilletons du genre. Par exemple, la CAN 2015 avait eu lieu en Guinée équatoriale, après le retrait de l’organisation au Maroc.

(Avec Agences)

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