Elections en RDC – Les Etats-Unis positionnent 80 militaires au Gabon, prêts à intervenir en RDC

Le président Donald Trump a indiqué qu’il avait posté 80 militaires au Gabon pour protéger les intérêts américains en cas de troubles à l’annonce du résultat des élections en République démocratique du Congo, où les forces de sécurité congolaises ont commencé à prendre localement des mesures.

80 militaires américains ont été déployés au Gabon pour intervenir en République démocratique du Congo (RDC) en cas de violences provoquées par l’annonce des résultats de l’élection présidentielle.

Dans une lettre adressée à des dirigeants du Congrès, le président américain a indiqué qu’ils resteraient « dans la région jusqu’à ce que la situation en RDC ne nécessite plus leur présence »:

« Le personnel des forces armées des Etats-Unis s’est déployé à Libreville au Gabon, afin d’être en mesure d’assurer la sécurité des citoyens, du personnel et des installations diplomatiques américaines à Kinshasa en République démocratique du Congo », a écrit le président américain dans une lettre aux présidents des deux chambres du Congrès.

« Ce déploiement d’environ 80 personnes est une réponse à la possibilité que des manifestations violentes puissent survenir en République démocratique du Congo en réaction aux élections du 30 décembre », a ajouté le président américain dans la lettre diffusée par son service de presse.

Les premiers renforts sont arrivés au Gabon le 2 janvier « avec des d’équipements de combat appropriés, soutenu par des forces armées aériennes ». Des troubles sont redoutés à l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle initialement prévue pour dimanche. L’annonce a été reportée à « la semaine prochaine », a cependant indiqué samedi le président de la Commission électorale.

Ces 80 soldats pourraient être des marines du Special Purpose Marine Air-Ground Task Force-Crisis Response Africa qui connaissent bien le terrain; ainsi ils étaient déployés au Gabon en mai 2018 pour former des cadres gabonais.

On se souviendra par ailleurs que Libreville abrite une des 12 Cooperative Security Locations (CSL) d’Afrique (voir mon récent post ici). Cette CSL dispose de stocks de matériel et de carburant qui permettent à une force de 300 soldats d’opérer pendant 30 jours. En 2015, un test grandeur nature avait eu lieu au Gabon: 4 MV-22 Osprey, 2 KC-130J et quelque 200 US Marines s’étaient déployés sur la CSL (lire ici). Le soutien logistique de cette CSL est assuré depuis l’aéroport de Kotoka, au Ghana, où opère un détachement de la 405th Army Field Support Brigade et de contractors de la firme Fluor.

Enfin, des militaires US étaient déjà présents à Port-Gentil (voir mon post ici) avant l’envoi des forces d’intervention. Il s’agit de Seabees du Naval Mobile Construction Battalion (NMCB) n°1 qui, avec des sapeurs gabonais, construisent depuis novembre un Centre d’opérations maritimes (MOC).

En RDC, des mesures ont été prises dans la province du Kasaï central, fief d’un des deux candidats d’opposition, Félix Tshisekedi. « Tout attroupement de deux ou trois personnes le long des principales artères de la ville est interdit. Cette mesure reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre », a indiqué le commissaire provincial de police. Des militaires sont visibles dans la capitale provinciale Kananga, a constaté un correspondant de l’AFP. Des camions de militaires armés de lance-roquettes étaient également visible à Lubumbashi, a constaté un autre correspondant de l’AFP. La vie était normale dans la capitale Kinshasa.

(Avec Agences)