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Elections en RDC: inquiétude partagée de la Cenco, des Etats-Unis et de l’ONU pour manque d’inclusivité

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est à nouveau penché la nuit dernière sur le processus électoral en République démocratique du Congo (RDC), alors que la contestation grandit autour de la publication des listes provisoires des électeurs. Deux figures de l’opposition, Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba, pourraient ne pas pouvoir se présenter à la présidentielle. Plusieurs personnalités étaient invitées à New York pour cette session, dont le président de la conférence épiscopale, Monseigneur Marcel Utembi Tapa.

Pour la deuxième fois, cette année, la Conférence épiscopale de République démocratique du Congo (RDC), la Cenco, était invitée lundi soir à s’exprimer devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Le président de la Conférence épiscopale, Monseigneur Marcel Utembi Tapa, s’est inquiété du manque de consensus et d’inclusivité de ces élections. « Que l’on évite de forcer l’interprétation des lois et de manipuler la justice dans le but d’exclure de façon arbitraire certains candidats de la compétition électorale, a-t-il exhorté. Les élections non-inclusives constitueront un préjudice au processus de la participation du pays ».

Les Etats-Unis s’inquiètent de l’exclusion des candidats

L’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley, a elle aussi commenté l’exclusion de certains candidats. « Nous sommes très inquiets suite à la décision de la Céni [Commission électorale] le 24 août dernier d’exclure certains candidats de l’opposition pour ce qui semble être des raisons politiques, a-t-elle déclaré. Ce n’est pas de cette manière qu’un processus électoral ou une commission électorale devrait fonctionner ».

« Nous félicitons les candidats qui pensent avoir été injustement écartés pour leur choix d’utiliser les moyens de recours qui leur sont ouverts, a poursuivi Nikki Haley. En se soumettant aux règles du pays, l’opposition et la société civile ne font que d’avantage démontrer à quel point la Commission électorale a perdu de son indépendance depuis le début du mandat de Corneille Nangaa [président de la Céni] ».

Défi logistique

L’inquiétude est aussi partagée par la Mission des Nations unies dans le pays, la Monusco, comme l’a répété à plusieurs reprises sa directrice, l’Algérienne Leila Zerrougui : la perception de la crédibilité du processus électoral reste une question-clef. « Il est entre autres reproché à la Céni d’avoir outrepassé ses prérogatives en excluant des candidatures sur la base d’interprétation de la loi électorale, ce qui, pour les concernés, relèvent de la compétence exclusive de la Cour constitutionnelle, a-t-elle déclaré. En dépit des progrès réalisés et des assurances du gouvernement, la période qui s’annonce sera marquée par des contestations et d’intenses consultations politiques ».

L’autre problème soulevé par la Monusco, comme par les Etats-Unis, c’est l’organisation des élections : manque de consensus autour de la machine à voter et défis logistiques. Officiellement, la RDC n’a toujours pas accepté le soutien de la Monusco.

Le président de la Céni n’a pas répondu à l’invitation du Conseil de sécurité. C’est donc l’ambassadeur congolais qui a répondu. Même s’il a rappelé que l’option levée par la RDC, c’était de financer seul les élections. Mais il a laissé une porte ouverte en disant que Kinshasa restait ouvert aux propositions de ses partenaires, sans conditions et dans le respect de sa souveraineté.

(Avec Rfi)