Démission collective des musulmans du PPRD dans le Sud-Kivu

Réunis sous le collectif local de l’alliance des kabilistes musulmans (AKAM), plusieurs musulmans du PPRD, le parti présidentiel, ont annoncé leur rupture avec les instances de la majorité. Ils assurent que d’autres défections sont à prévoir sur l’ensemble du pays.

Minoritaire au sein de la communauté musulmane congolaise, la branche « islamique » du PPRD de Joseph Kabila n’aura pas fait long feu dans la province du Sud-Kivu. Quelques heures seulement après la déclaration de Shaykh Ali Mwinyi sur la situation d’un pays qu’il a décrit comme « malade », l’idylle entre les kabilistes musulmans et le parti au pouvoir a volé en éclats dans la ville de Bukavu. Contactés par les médias provinciaux, les responsables de l’AKAM/ Sud-Kivu assurent que leur décision n’a rien à voir avec la prise de position de la Communauté Islamique en RD Congo (COMICO). Pour Santos Monga Ibrahim, le porte-parole des kabilistes du Sud-Kivu, c’est l’orientation politique prise par le parti qui a poussé les musulmans à rompre avec le mouvement.

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« Nous recommandons à tous les membres de l’alliance des kabilistes musulmans de ne pas fréquenter les permanences du PPRD ni de porter la tenue et effigie du parti ni de faire une quelconque déclaration au nom de parti des kabilistes musulmans en faveur du PPRD dans toute l’étendue de la province jusqu’à nouvel ordre », a ainsi déclaré Santos Monga Ibrahim.

Alliés au PPRD pour travailler en collaboration avec le pouvoir en place, les musulmans, qui cherchent depuis des décennies un espace politique pour exister, reconnaissent aujourd’hui un manque de considération de la part du parti de la majorité. Quant à leur position par rapport à Joseph Kabila, Santos Monga Ibrahim que l’AKAM/ Sud-Kivu « reste fidèle au président Joseph Kabila ». C’est ainsi que le mouvement a interdit à ses membres de participer à la marche nationale organisée par les laïcs catholiques et l’opposition ce dimanche 21 janvier.

Source: AKAM

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