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Crise politique en RDC: Trump dépêche l’ambassadrice américaine à l’ONU chez Joseph Kabila

Le président americain Donald Trump et l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, le 18 septembre à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York

 

Le president americain Donald Trump a levé l’option finale sur la situation de crise qui dechire la RD Congo. Il a décidé, à cet effet de dépêcher à Kinshasa chez le président Joseph Kabila l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, pour lui transmettre ses pensées de vive voix. Nikki Haley est ainsi attendue à Kinshasa le 21 octobre prochain.

La mission de l’ambassadrice Nikki Haley à Joseph Kabila rappelle ou ressemble tout simplement à celle de l’autre ambassadeur américain à l’ONU Bill Richardson à Mobutu  « Le 29 avril 1997».

Ce jour-là Mobutu, entouré de sa famille et de ses proches collaborateurs, reçoit chez lui une délégation américaine de haut niveau, conduite par l’ambassadeur auprès des Nations unies, Bill Richardson, et qui comprend des diplomates, des membres du Conseil national de sécurité et des gens de la CIA. Manière de bien faire comprendre au “Grand Léopard” qu’il ne pourra plus jouer les uns contre les autres, et qu’il lui faut accepter sa “dernière chance” de partir “dans l’honneur et la dignité”. C’est la même mission et même scenario qui se répète dans l’histoire de la RD Congo avec la visite de l’ambassadrice Nikki Haley à Joseph Kabila le 21 octobre 2017 à Kinshasa.

Le président Joseph avec son entourage, « surpris » par la demande de nouvelles sanctions américaines initiée par sept sénateurs américains, respire ses derniers jours.

En effet, dans une correspondance adressée mardi à Donald Trump, sept sénateurs américains exhortent le président de leur pays à s’impliquer davantage dans la recherche d’une solution à la crise en RDC. L’une des pistes avancées : de nouvelles sanctions contre le régime de Joseph Kabila. Kinshasa se dit « surpris ».

Ils sont tous démocrates et se disent préoccupés par la situation politique et sécuritaire en RDC. Autour de Cory Booker, élu du New Jersey et représentant principal de son parti au sein du sous-comité sur l’Afrique du Sénat américain, six autres sénateurs des États-Unis ont adressé, ce mardi 3 octobre, une lettre au président Donald Trump.

Que dira l’ambassadrice Nikki Haley à Joseph Kabila?

La République démocratique du Congo n’en démord pas, elle est candidate à un siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Une position qui, notamment, au vu des innombrables critiques sur les violences perpétrées en RDC par les forces de l’ordre contre les populations civiles flirte avec le surréalisme ou le cynisme. Une lecture qui ne semble pas correspondre à la lecture de plusieurs pays africains qui soutiennent cette candidature.

Les Etats-Unis ont d’ailleurs critiqué mercredi dernier, ces pays africains, affirmant que cela enflammerait encore le conflit dans ce pays.

Le Conseil, basé à Genève, enquête actuellement sur les atrocités qui ont été commises en République démocratique du Congo par les forces armées du pays et des milices dans la région du Kasaï, où plus de 80 fosses communes ont été découvertes et deux experts des Nations unies exécutés. La situation de plusieurs opposants contraints à l’exil, emprisonnés ou subissant des pressions psychologiques intolérables comme Gabriel Kyungu wa Kumwanza dont la demeure est constamment sous contrôle policier (voir illustration ci dessous) est aussi régulièrement évoquée.

« Un manquement au droit de l’homme »

Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, a jugé que le soutien à la candidature de la RDC était « un manquement inexcusable » à la promotion des droits de l’homme par les pays africains.

« Quand des pays du groupe Afrique avancent la candidature d’un pays comme la République démocratique du Congo pour qu’il devienne membre du Conseil des droits de l’homme, cela n’affaiblit pas seulement cette institution – mais alimente également le conflit qui provoque tant de souffrances sur ce continent », a déclaré Mme Haley qui est attendue le 21 octobre à Kinshasa.

Le Conseil des droits de l’homme peut être un atout pour le continent si les pays africains proposent des candidats « crédibles », a encore déclaré Mme Haley.

Le souvenir de Bill Richardson

L’ambassadeur américain Bill Richardson et le président Mobutu Sese Seko le 19 juillet 1997 à Kinshasa

Une visite espérée, même si le contexte est bien différent, par nombre d’opposants au régime Kabila qui se souviennent de la visite de l’ambassadeur américain à l’ONU Bill Richardson, à la fin du règne du maréchal Mobutu. L’ambassadeur américain n’y était pas allé avec le dos de la cuiller pour montrer le chemin de l’exil à un Mobutu malade et qui ne régnait déjà plus que sur une partie de son Zaïre. « Les temps et les acteurs ont changé », explique un opposant. « On peut penser que Mme Haley, dont on connaît le caractère bien trempé, sera ferme avec le président Kabila. On n’est pas naïfs, on sait que le Kabila de 2017 n’est pas le Mobutu de 1997. Mais les Etats-Unis ont démontré qu’ils n’avaient pas perdu notre pays de vue. Si Mme Haley vient à Kinshasa, ce n’est pas pour faire des emplettes. Son discours à l’annonce du soutien des autres Etats africains à la candidature de la RDC au conseil des droits de l’homme, montre son engagement et sa détermination face à un pouvoir voyou. »
L’Assemblée générale de l’ONU doit voter en octobre pour pourvoir des sièges de ce Conseil fort de 47 membres.

Le groupe de pays africains s’est mis d’accord pour proposer outre la RDC, l’Angola, le Nigeria et le Sénégal pour occuper les quatre sièges alloués au continent.

L’élection l’année dernière de l’Arabie saoudite et de la Chine au Conseil, en dépit de preuves de violations des droits de l’homme, avait également suscité des critiques.

Bakolokongo avec La Libre Afrique

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