• Home »
  • A la Une »
  • Crise en RDC: le Comité laïc de coordination écrit au Secrétaire général de l’ONU

Crise en RDC: le Comité laïc de coordination écrit au Secrétaire général de l’ONU

Le Comité laïc de coordination (CLC), organisateur des marches pacifiques anti-Kabila violemment réprimées dans le sang par les forces de sécurité au prix de plusieurs morts, a adressé une lettre au Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, sur la situation de crise en République démocratique du Congo.

Au moment où se tiennent à New York les débats sur le renouvellement du mandat de la Monusco, une longue lettre du Comité laïc de coordination (CLC) a atterri sur le bureau du secrétaire général des Nations unies. Les Laïcs catholiques interpellent Antonio Guterres sur la situation de crise dans le pays. Ils dénoncent surtout la confiscation des libertés publiques et la volonté du président Kabila de se maintenir au pouvoir.
Trois marches pacifiques réprimées dans le sang : 31 décembre 2017, 21 janvier et 25 février 2018. Une vingtaine de morts, des centaines de blessés, de multiples arrestations.

Le Comité laïc de coordination livre ce bilan et considère que c’est par « l’arrogance et l’insouciance » que le pouvoir répond aux millions de Congolaises et Congolais qui réclament l’application intégrale de l’Accord global et inclusif du 31 décembre 2016.

Pour le CLC, des stratagèmes ont été multipliés pour ne pas organiser les élections dans les délais constitutionnels. Parmi ces stratégies, le CLC évoque notamment la publication de nombreux calendriers électoraux non consensuels avec de nombreux préalables techniques et financiers, le passage de 11 à 26 provinces, modifiant ainsi la cartographie électorale et la multiplication des conflits armés, à l’Est, en Ituri, au Kasaï, dans le Tanganyika et sans doute d’autres provinces dans les mois qui viennent, comme au Kwango et au Kwilu, avec l’introduction des vaches dont les bouviers sont armés. L’instrumentalisation de l’Accord de la Saint-Sylvestre, en vue de passer le cap de la fin de mandat constitutionnel et de s’assurer d’un semblant de légitimité, si précaire soit-elle, etc.

Le CLC le répète : la crise actuelle tire son origine de la volonté du président congolais de se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat. Joseph Kabila est accusé d’avoir bloqué le processus électoral depuis 2012.

Renforcer le mandat de la Monusco

L’implication personnelle du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres est alors sollicitée pour que les élections aient lieu, comme prévu, à la date du 23 décembre 2018. Il faut pour ce faire renouveler et renforcer le mandat de la Monusco afin de créer un environnement propice à l’organisation des élections crédibles et fiables.

Ainsi, toutes les mesures de décrispation doivent être mises en oeuvre au plus tard le 30 avril, sinon le CLC se verra dans l’obligation de reprendre et d’intensifier ses actions de protestation et de revendication suspendues actuellement.

 « Le Comité Laïc de Coordination porte à votre connaissance que, pour donner le temps nécessaire à tous les acteurs de la crise en RDC de trouver une solution autour des Nations-Unies et de l’Union Africaine, il sursoit jusqu’au 30 Avril 2018 ses actions d’envergure de protestation et de revendication », a fait savoir le CLC au Secrétaire général des Nations unies.

Bakolokongo avec Rfi