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Crash d’un avion militaire à Kinshasa, « plusieurs dizaines » de morts

Une vue de l’avion militaire qui s’est écrasé à Kinshasa dans la commune de N’sélé, le 30 septembre 2017, aucun survivant. (Photo VOA/Thierry Kambundi)

Un avion de transport Antonov affrété par l’armée congolaise s’est écrasé samedi à l’est de Kinshasa, faisant « au moins onze morts » parmi les passagers alors qu’il se rendait dans l’est où les forces de défense affrontent des milices.

L’appareil, qui venait de décoller en direction du Kivu (est), transportait « plusieurs dizaines de personnes », selon une source aéroportuaire qui a requis l’anonymat. Il s’est écrasé dans la commune de N’sélé, qui fait partie du grand Kinshasa, à une centaine de km du centre de la capitale congolaise.

Il n’y a eu « aucun survivant », selon une source municipale sur place jointe par l’AFP et s’exprimant également sous couvert d’anonymat.

Sur place, un périmètre de sécurité a été bouclé par la Garde républicaine, a constaté une équipe de journalistes de l’AFP. L’avion s’est abîmé sur une zone non habitée, composant un ancien domaine agro-industriel dépendant de la présidence.

Piloté par un équipage russe, l’avion transportait « deux véhicules et des munitions » ainsi que des personnels militaires d’accompagnement, selon une source à l’état-major de l’armée, s’exprimant également sous couvert d’anonymat.

Il y avait « entre 20 et 30 personnes » à bord de l’appareil qui avait décollé de l’aéroport de Ndjili, dans l’est de capitale, selon la même source.

Interrogé par l’AFP, le commandant de l’aéroport de Ndjili de Kinshasa, Georges Tabora a déclaré « qu’il n’y a pas eu de passagers à bord. Rien que des membres d’équipage parce que c’est un avion cargo », sans préciser ni leur nombre ni leur nationalité.

Contactés par l’AFP, les porte-parole de l’armée et du gouvernement n’étaient pas disponibles.

Selon un passager qui n’avait pas trouvé de place à bord, croisé à l’aéroport de Ndjili, « l’avion devait se rendre à Bukavu » capitale de la province du Sud-Kivu où depuis dimanche, une coalition des milices affrontent l’armée. Jeudi, des combats s’étaient déroulés à Uvira, deuxième ville du Sud-Kivu frontalière du Burundi.

Un témoin joint sur les lieux du crash par l’AFP a affirmé avoir vu l’avion qui « tombait », mais sans dégagement de fumée apparent.

Selon un autre témoin, un officier de l’armée congolaise de garde sur ce site, l’appareil aurait au contraire pris feu dans le ciel avant de s’écraser et de provoquer une série d’explosions.

– « Comme à la guerre »-

« Ce sont des explosions qui ont attiré mon attention. C’était comme à la guerre », a témoigné à l’AFP une habitante dont la maison est située à moins de 500 mètres du lieu du crash.

Sur un rayon de près de 100 mètres à la ronde d’un terrain herbeux et inhabité, de la fumée se dégageait encore quatre heures après l’accident, ont constaté des journalistes de l’AFP, qui n’ont pas été autorisés à filmer ou à prendre des photos.

Les restes d’un fuselage d’avion tout comme des débris étaient éparpillés sur ce périmètre d’herbes brûlées surveillé par des militaires doigts à la gâchette.

Un officier supérieur en charge des opérations de secours a indiqué à l’AFP que la carcasse de l’avion n’était plus qu’un « amas de ferraille » et que le site était jonché de « corps déchiquetés ».

L’accident aurait fait « entre une dizaine et une quinzaine » de morts, dont certains « Occidentaux », selon lui.

Au moins trois accidents d’avions de transport militaires ont déjà eu lieu en RD Congo depuis 2000, dont celui d’un Illiouchine 76 qui avait perdu sa porte ventrale en plein vol le 8 mai 2003 entre Kinshasa et Lubumbashi, faisant environ 200 morts.

Le crash d’avion le plus meurtrier en RDC a eu lieu en janvier 1996: un Antonov avait raté son décollage à cause de la surcharge et s’était écrasé sur un marché faisant près de 350 morts.

Afp | 30/09/2017 17:06:16