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Corée du Nord: Kim affirme être proche de l’arme nucléaire, malgré les sanctions

Le leader nord-coréen Kim Jong-Un

Enième provocation ? Quelques heures après la « ferme » condamnation par l’ONU de son dernier tir de missile, le leader nord-coréen Kim Jong-Un a affirmé samedi être proche de détenir l’arme nucléaire, l’objectif final de Pyongyang étant « un équilibre des forces » avec les Etats-Unis.

« Le but final est (…) de faire en sorte que les dirigeants américains n’osent même plus envisager une option militaire contre la République populaire démocratique de Corée », a insisté le N.1 nord-coréen, cité par l’agence locale KCNA, semblant ignorer le communiqué du Conseil de sécurité des Nations unies vendredi après-midi.

Réagissant au tir d’un missile à portée intermédiaire au-dessus du Japon vendredi matin par Pyongyang, le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence vendredi après-midi, à New York, à huis clos. Et le communiqué final a été clair, dénonçant les « actes scandaleux » et « hautement provocateurs » de la Corée du Nord et lui demandant de « les arrêter immédiatement ».

« Ces actions ne sont pas seulement une menace pour la région mais aussi pour tous les Etats membres de l’ONU », a poursuivi le Conseil, en référence à ce dernier tir de missile, mais aussi au sixième test nucléaire du régime de Pyongyang, le 3 septembre.

Photo non datée fournie par KCNA via KNS le 16 septembre 2017 montrant un missile Hwasong-12 lancé depuis un lieu non communiqué © STR KCNA VIA KNS/AFP

Photo non datée fournie par KCNA via KNS le 16 septembre 2017 montrant un missile Hwasong-12 lancé depuis un lieu non communiqué © STR KCNA VIA KNS/AFP

Pas question cependant pour Kim Jong-Un d’interrompre son programme balistique et nucléaire. Le leader nord-coréen a ainsi estimé auprès de KCNA que ce tir d’un missile Hwasong-12 vendredi matin avait été un succès et avait permis d’augmenter les « capacités nucléaires militaires » de son pays.

« Presque atteint le but »

Pour David Wright, physicien de l’association Union of Concerned Scientists, « la Corée du Nord a fait la démonstration qu’elle pouvait atteindre Guam (NDLR: où Washington possède des installations militaires stratégiques) avec un de ses missiles, même si sa charge n’est pas connue », ni sa précision.

« Le Nord envoie le message suivant: +Nous ne tremblons devant aucune sanction et nos menaces ne sont pas vaines+ », a expliqué à l’AFP Yang Moo-Jin, de l’Université des études nord-coréennes de Séoul.

Un missile nord-coréen au dessus du Japon © Laurence CHU AFP

Un missile nord-coréen au dessus du Japon © Laurence CHU AFP

« Nous avons presque atteint le but » (l’arme nucléaire, NDLR), a insisté Kim auprès de KCNA samedi: « Nous devons clairement montrer à ces grandes puissances nationalistes comment notre pays a atteint son objectif de disposer de l’arme nucléaire, et ce malgré leurs sanctions illimitées et leur blocus ».

Après le dernier test nucléaire du 3 septembre –une bombe H suffisamment miniaturisée pour équiper un missile selon Pyongyang–, le Conseil de sécurité de l’ONU a de fait voté à l’unanimité lundi un huitième train de sanctions économiques frappant la Corée du Nord. Cette fois-ci la communauté internationale a opté pour une limitation des exportations de pétrole et de produits raffinés vers le Nord de la péninsule, et l’interdiction des achats de textile nord-coréen.

Mais rien ne semble calmer le dirigeant nord-coréen, plus que jamais décidé à se doter de l’arme nucléaire.

Une Sud-Coréenne regarde sur un écran de télévision le tir de missile nord-coréen, dans une gare de Séoul, le 15 septembre 2017 © JUNG Yeon-Je AFP

Une Sud-Coréenne regarde sur un écran de télévision le tir de missile nord-coréen, dans une gare de Séoul, le 15 septembre 2017 © JUNG Yeon-Je AFP

Depuis le début de l’été, la tension entre la communauté internationale et la Corée du Nord a connu de multiples pics. Vendredi, les présidents russe Vladimir Poutine et français Emmanuel Macron ont appelé à des « négociations directes » avec Pyongyang pour en finir avec les surenchères.

Selon le Kremlin, les deux dirigeants se sont accordés lors d’un entretien téléphonique sur « la nécessité de résoudre cette situation extrêmement compliquée exclusivement par des moyens politiques et diplomatiques ».

Les discussions entre Pyongyang et cinq grandes puissances – Etats-Unis, Chine, Japon, Russie et Corée du Sud -, entamées en 2003, sont gelées depuis 2008.

« Puissantes » options militaires

Lors de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU qui se tiendra la semaine prochaine à New York, le président américain a prévu de s’entretenir de la Corée du Nord jeudi avec ses alliés sud-coréen et japonais.

Nouveau tir de missile nord-coréen © Laurence CHU AFP

Nouveau tir de missile nord-coréen © Laurence CHU AFP

Mais sans attendre, Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde la Corée du Nord vendredi, assurant que les Etats-Unis disposaient de « puissantes » options militaires pour répondre au « mépris » de Pyongyang « pour ses voisins et la communauté internationale ».

Après les tirs par le Nord en juillet de deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), qui ont semblé mettre à sa portée une bonne partie du continent américain, Donald Trump l’avait menacé du « feu et de la colère ». A quoi Pyongyang avait répliqué en promettant de tirer quatre missiles à proximité de Guam.

Jeudi, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a lui enjoint la Chine et la Russie, principaux soutiens économiques de Pyongyang, à faire pression « de leur propre chef » sur Pyongyang.

Pékin, qui a condamné le tir et appelé à la retenue, a cependant renvoyé Pyongyang et Washington dos à dos, jugeant « irresponsables » les critiques américaines. « Le coeur du problème c’est l’opposition entre la Corée du Nord et les Etats-Unis (…) La Chine n’est pas à l’origine de l’escalade des tensions », a réagi la porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

Avec Afp |16/09/2017 04:11:36

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