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Congo-Brazzaville: le général Dabira condamné à cinq ans de prison ferme

Accusé d’atteinte à la sécurité d’atteinte de l’Etat, notamment d’avoir voulu attenter à la vie du président congolais Denis Sassou-Nguesso, le général Norbert Dabira écope de cinq ans d’emprisonnement ferme. Les différentes parties au procès n’ont pas la même appréciation du jugement rendu. Le condamné a refusé de se pourvoir en cassation et versera un franc symbolique à l’Etat à titre de dommages et intérêts.

« La cour déclare Norbert Dabira coupable des faits mis à sa charge (…) le condamne à cinq ans d’emprisonnement ferme assorti de l’interdiction d’exercer les droits civiques et civils », a déclaré le président de la cour criminelle Christian Oba, à l’issue du procès entamé mardi.

Cinq jours. C’est le temps qu’il a fallu pour juger le général Nobert Dabira, ancien inspecteur des Forces armées congolaises. Longtemps proche du président Denis Sassou Nguesso, il n’a pas eu la même chance que lorsqu’il a été jugé et acquitté en 2005 dans l’affaire des « disparus du Beach ». La nuit était déjà tombée sur Brazzaville quand Charistian Oba, président de la cour criminelle, a lu le délibéré condamnant le général Norbert Dabira en ces termes :

« La cour et le juré ont répondu oui (…) déclarent Norbert Dabira coupable des faits mis à sa charge. En répression, lui faisant application de la loi, le condamnent à la peine de cinq ans d’emprisonnement ferme assorti de l’interdiction d’exercer les droits civiques et civils tels le droit de vote, d’élection et d’éligibilité. »

Il a été reconnu coupable d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat par la cour criminelle. Cette peine avait été requise par le ministère public.

La partie civile s’est dite satisfaite : « M. Dabira s’est défendu. Nous nous sommes défendus. La cour a jugé, donc c’est un procès équitable », s’est réjoui un avocat.

La défense, elle, n’a pas apprécié le verdict rendu. Elle a même refusé de se pourvoir en cassation. « Nous sommes un peu déçus. On aurait pu faire un pourvoi en cassation, mais notre client nous dit qu’il n’y a pas lieu de le faire. On se contente de cette décision de la cour », a dit Me Esseau.

Le général Dabira est le deuxième officier condamné en moins de dix jours, après la condamnation de l’ancien chef d’état-major, Jean-Marie Michel Mokoko, le 11 mai dernier, également pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat.

Accusé d' »atteinte à la sécurité intérieure de l’État »

Ancien inspecteur des Forces armées congolaises (FAC) et ancien haut-commissaire à la réinsertion des anciens combattants, le général Dabira est accusé d' »atteinte à la sécurité intérieure de l’État ».

Il avait nié les faits lui reprochés à la première audience, les qualifiant de « mensonge ».

Cet homme de 68 ans est aussi accusé d’avoir voulu « recruter au moins deux tireurs d’élite pour abattre l’avion du président Denis Sassou Nguesso au décollage ou à l’atterrissage », selon l’acte d’accusation qui évoque des conversations téléphoniques en novembre 2017 entre les généraux Dabira et Nianga Ngatsé Mbouala.

Ancien commandant de la garde républicaine – unité d’élite chargée de la protection du président du Congo-Brazzaville -, le général Nianga Ngatsé Mbouala a été cité dans cette affaire en qualité de témoin.

Originaire de la région de la Cuvette (nord), comme le président Sassou Nguesso, le général Dabira avait été arrêté en janvier.

Sa condamnation intervient huit jours après celle du général Jean-Marie Michel Mokoko, 71 ans, ancien chef d’état-major et ancien conseiller du président Sassou Nguesso, condamné à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité de l’État ».

Un autre candidat à la présidentielle de 2016, André Okombi Salissa, arrêté en janvier 2017 également pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État », attend la date de son procès.

(Avec Agences)