Business: le frein de la frontière Brazzaville-Kinshasa

Réunis à Brazzaville pour le lancement de la quatrième édition du forum d’affaires Sultani Makutano, des entrepreneurs des deux rives du Congo ont plaidé le 15 septembre pour la suppression des « autorisations de sortie » entre Kinshasa et Brazzaville.

Le saviez-vous ? Il n’est pas évident de faire des affaires d’une rive à une autre du fleuve Congo. Des entrepreneurs se plaignent régulièrement des tracasseries et autres lenteurs administratives. Kinshasa et Brazzaville, deux capitales les plus rapprochées du monde, paraissent aussitôt « si éloignées » lorsqu’il s’agit de commercer, de co-entreprendre, a relevé, le samedi 15 septembre à Brazzaville, Nicole Sulu, initiatrice du forum Sultani Makutano.

Ce jour-là, ce réseau d’affaires a emmené près de 300 entrepreneurs de la RDC à Brazzaville, sans que ces derniers ne se heurtent à des difficultés de part et d’autre de la frontière fluviale.

Des obstacles persistent

En temps normal, et selon les réglementations d’immigration en vigueur entre la RDC et le Congo, un laissez-passer aurait dû être exigé aux entrepreneurs congolais vivant à Kinshasa et un visa à ceux arrivant d’autres villes du pays ou de l’étranger. Des obstacles qui étouffent certaines possibilités de business entre les entrepreneurs de ces deux pays. « Il faut que ce dernier verrou, que constituent les autorisations de sortie pour aller à Kinshasa ou à Brazzaville, puisse sauter », a alors plaidé Paul Obambi, président de la Chambre du commerce du Congo-Brazzaville.

Pour lui, ces restrictions n’ont « pas d’objet », paraphrasant un dicton populaire dans les deux pays qui dit que le fleuve Congo n’est pas une frontière, mais un chemin, une voie. « Il est ainsi devenu urgent de faciliter la libre circulation entre les deux Congo », complète Ambroise Tshiyoyo, président de la Chambre du commerce franco-(rd)congolaise.

Coopération

En attendant, « de nombreuses entreprises des deux Congo travaillent tout de même ensemble », a tenu à rassurer Paul Obambi, citant entre autres le cas de la commercialisation du pétrole du Congo-Brazzaville dans des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui passe par les pipelines de la RDC.

De retour à Kinshasa, les entrepreneurs du réseau Makutano se sont penchés, le lundi 17 septembre, sur la question du « local content », la nécessité pour les nationaux de se réapproprier l’économie de leur pays.

(Jeuneafrique)

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